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¯\_(ツ)_/¯

Festival : le tournant pour Art Rock en 2017

La programmation, cette année, était particulièrement cohérente. Oui, quand il devient très difficile de faire des choix, c'est bon signe.

Roméo Elvis à Art Rock 2017

Après plusieurs hésitations sur la pertinence et la logique de line-up du festival Art Rock à travers les âges, ce cru 2017 apparaît comme un tournant. Moins de grosses têtes d'affiches, plus d'ancrage dans les musiques actuelles et moins de dissonances d'un concert à l'autre sur les différentes scènes.

Le retour de la pop française en grande force a facilité des choix logiques avec Paradis, Cléa Vincent, Octave Noire, Parcels et en tête de fil Julien Doré qui malgré sa signature en major assure une présence dans l'ère du temps. Il se dit même prêt à "partager le gâteau de la pop française" quitte même à s'en "dégager",  de "cette pop produite et bien conçue qui est nécessaire à la chanson française". Avis aux prétendants, notamment sus-mentionnés, qui lèchent bien d'avantage la musicalité de leurs projets que lui.

Alors que retenir ?

Roméo Elvis tenant du titre.


La sincérité du personnage frappe. Les production du Motel tue. L'assemblage en live donne le résultat d'un projet ultra pertinent, ultra vivant, ultra suivit par le public. On tombe facilement dans un rap semi-trap qui amène le mouvement avec des relances permanente de Roméo et son MC. C'est à voir absolument, encore plus en ayant déjà l’œuvre en tête.
Après avoir accepté les selfies avec ses jeunes fans au merchandising, il est revenu quelques instants sur scène aux côté de sa compatriote Coely (nous l'avions interviewé il y a 2 ans) qui est une MC puissante et technique qui n'hésita pas à utiliser une production de TNGHT pour faire jumper les foules.

Il faut savoir qu'avant ces énergies brutes, il y a eu une énergie plus sidérale, celle d'Octave Noire. Le live, comme l'album Neon, est parfaitement adapté et bétonnée. La complicité des instrumentistes (Ton's et Franck Richard) et le regard vers le ciel de Patrick Moriceau se combinent bien et portent une heure tenant sans forcer celles et ceux qui aiment écouter la pop électronique atmosphérique de l'artiste. (Une interview de Patrick Moriceau est à découvrir prochainement sur le site de Prun').

Entre ça, sur la grande scène, Jagwar Ma a fait le boulot (interview bientôt sur le site de Prun'). Surtout avec une présence accrue de house et jungle-beat entrainante. La Femme a bien son public et les tubes du premier album sonnent dans les esprits comme beaucoup d'autre désormais. C'est rassurant.
The Kills aiment toujours autant graisser leurs cordes. Valeur sure et efficace. J'ai particulièrement aimé regarder la chanteuse cracher avant de reprendre le chant. C'est plus beau qu'un mouchage de bord de terrain.

Pour finir cette première soirée, une claque attendue et transformée par Las Aves. Punaise, que cet assemblage et cette mue de The Dodoz est imparable. Saturation. Voix percutante. Slam. Jumpforce. Un bel anglais. Vivement leur deuxième album en gestation pour l'instant. Et sincèrement, terminer le set par Lioness est un clou qui, comme un bon syrah, a une bonne longueur en bouche.
(interview bientôt sur le site de Prun')

Pop polopopopoooo pooooo


Derrière ce honteux inter-titre se cache une allusion à la programmation très pop du samedi du festival et aux cris très habituels à Saint-Brieuc passée une certaine heure.
Oui, le samedi, la fatigue de la veille finalement très festive (erreur de débutant que de tout donner dès le premier jour je vous l'accorde) n'a pas douché le plaisir de la découverte du live de Cléa Vincent. Cette pop décrite à tort comme de "midinette" est bien construite, facile à suivre et le live est bien préparé. On pourrai penser que l'on se lasse vite de ce genre de projet. L'heure passée devant l'artiste et ses trois musiciens me laisse penser allègrement le contraire.
(Interview prochainement sur le site de Prun')

Bon, peu de mots sur Paradis, l'album Recto Verso est une réussite et le live y apporte finalement assez peu. Ma déception provient aussi du live de Ibibio Sound Machine. Le truc le plus cool c'était l'habit de la chanteuse, c'est d'ailleurs ce qui est mis en avant dans ce projet, à raison.

Après une oreille tendue à Julien Doré qui énerve mon papa ("il fait un peu chouchou de ces dames et ça m'énerve!") j'ai quitter un temps le site principal pour discuter avec un mecs de sandwicherie, meilleurs témoins de la Place de la Grille qui voit passer une faune aussi diverse que singulière.

Parcels, une forme d'innocence ovationnée


Après une pérégrination mélancolique dans les rues de Saint-Brieuc qui vivaient fortement à nouveau le Off du Festival, et la fin du concert des très dynamiques "Billet d'Humeur" pour les musiciens du métro, c'est à la scène de la Passerelle que ceux qui était abrité de la pluie ont découvert le projet encore jeune et prometteur de The Big Moon.

Et là ! à 00h30 ! Alors que tout ceux qui ont commencé les festivités à 16h se disent qu'il y a encore le dimanche à tenir, Parcels entre dans le game. Originaires d'Australie, les cinq membres du groupe affiche un sourire et une décontraction envoutante. Leur musique leur ressemble. Les cœurs se réchauffes. Pop-funk naïve peut être, à l'australienne très certainement, mais surtout ronde, communicative.
À tel point qu'au 2/3 du concert les musiciens se retrouvent devant une ovation à faire pâlir les plus matraquées des têtes d'affiches. Surpris et le sourire aux lèvres, il ont assurés jusqu'au bout ce qui est certainement l'un des meilleurs concert du festival.
(interview bientôt sur le site de Prun')

Une fin de festival cornélienne


D'habitude, à Art Rock, le dimanche accueille un nom fait exprès pour les kids (Sexion D'assaut, Shaka Ponk, Feu!Chatterton, Fauve, etc.). Et là ! Bam ! Abra, Thomas Azier, The Black Angels, Metronomy, Archive, Agar Agar, NovaTwins, etc.
Et comment je fais pour tout voir ?! Pour "analyser" en quelques minutes certains concerts ??

Mon amour de Metronomy ne m'a pas fait dévier de ma route heureusement.
Bon d'abords, à 18h (oui!oui!) ABRA. Quelle audace ! Elle commence devant 20 pécores en cirés, mais rien à foutre. En deux morceaux la très jeune artiste est déjà en tenue légère, face à deux ventilos, cheveux au vent façon Destiny's Child. La présence de cette artiste est avérée, toute seule avec une Djette en retrait, elle occupe le terrain langoureusement, pleine d'amour pour elle-même. C'est beau à pleurer de voir une des future grande égérie du neo-r'n'b, là, sous la pluie avec mon coupe vent rouge vif, quasiment en concert privé sur un espace fait pour des milliers de personnes. On terminera quand même à 600 personnes devant, rare fait pour un dimanche après-midi pluvieux.
Au fait, elle n'a qu'une seule autre date en France et après il est possible qu'on ai du mal à la revoir. Rester vigilent sur ce projet est une priorité à envisager.

Une fin énervée


En suivant amis et famille, c'est devant Killason que continue ma route. Là encore une belle prestation remplie d'un égo qui sert le live alors pas de critique. Tout seul, le mec, danseur hip hop à l'origine, nous tiens jusqu'au bout. Et après, hop, un bout de Thomas Azier qui, il faut le dire, propose un beau live avec une voix caractéristique qui rappelle Sting par exemple.
Viennent par dessus les Blacks Angels. Et c'est psychédélique à souhait, à la hauteur de mon souvenir de leur découverte dans le spleen d'un passage de deux mois à Alençon (qui à de très bon kebab).
À 22h seulement, comme quoi c'était vraiment dur de tout faire, Agar Agar se lance en clôture de la Scène B (qui a bien grandit cette année pour le plaisir des festivaliers, sans aucune doute permis).
Pareil, l'attente de plusieurs mois comblée devant ce concert où le duo s'amuse, Clara au chant et clavier arbore un superbe t-shirt South Park que je regrette de ne pas avoir vu pendant notre interview quelques heures plus tôt. Elle se promène à quatre patte, crie dans son micro avec justesse sur le titre Symbiose, fait trembler les amoureux de jeunes femmes brune explosive. Avec une fin de live prématurée (au bout de seulement 50 minutes...) mais très très très stimulante, on peut considérer Agar Agar comme un projet au potentiel sans limite.
(interview bientôt sur le site de Prun')

Et l'apothéose ! NOVA TWINS ! Rien à ajouter vraiment si ce n'est que c'est à voir. Un pogo d'une heure à même eu lieu alors que le service de sécurité AGP était méfiant mais souple. La chanteuse est une MC aguerrie et la bassiste aime ajouter tellement d’effets quelle joue une bonne partie du live sur un pied, l'autre se posant alternativement d'une pédale à l'autre.

Une belle édition donc. Dans les prochains jours vous pourrez retrouver les interviews d'Octave Noire, Jagwar Ma, Las Aves, Parcels, Cléa Vincent et Agar Agar réalisée pendant le festival.

Boris Lemasson


festival / report / art rock / art rock 2017 / saint-brieuc

Article réalisé par Rédaction Prun'

Publication : Mardi 06 Juin 2017

Illustration : Roméo Elvis à Art Rock 2017

Crédit photo : Boris Lemasson






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