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Coup de cœur Prunien : The Bongo Hop - San Gabriel (feat. Cindy Pooch)

Au détour de Colombie et autres contrées vibrantes, le trompettiste bordelais vous présente le second volet de son voyage transatlantique : Satingarona pt. 2.

Satingarona pt. 2

8 années passées à Cali auront fait d'Étienne Sevet un trompettiste inspiré, si ce n'est plus : un producteur de toiles sonores où rythmes colorés se dressent sur un paysage moite de vapeurs tropicales et humaines.

A son retour en France, c'est à Lyon que le - presque - colombien déballe sa valise, remplie de rencontres desquelles découlent, entrelacées, découvertes culturelles et musicales. Parmi ces rencontres, celle d'un autre père voyageur des rythmes tropicaux, Will Holland, plus connu sous le nom de Quantic, aura certainement inspiré Étienne Sevet. C'est encore dans l'Ouest colombien qu'il croise le chemin de la merveilleuse Nidia Góngora, chanteuse du Grupo Socavon et présente sur de nombreux projets de Quantic.

A Lyon, le producteur Patchworks (a.k.a. Uptown Funk Empire, Mr President, Taggy Matcher ou encore Voilaaa) le conforte à fleurir dans le musique jeu. Du pavillon du trompettiste se diffusent influences colombiennes et ouest-africaines, qu'il mettra en lumière avec les gens ayant nourri son aventure. C'est ainsi que The Bongo Hop sort son premier album en 2016 : Satingarona pt. 1. Satingarona est la contraction de deux fleuves : l'un colombien, le rio Satinga, l'autre français, la Garonne. L'eau est un élément qui semble bien coller au musicien : s'inter-pénétrant en une multitude de lieux, véhiculant une multitude de choses, elle n'est fixée en fin de compte à aucun de ceux-ci, libre de mouvements.

La soif du globe-trotter l'invite à repartir sur la route des rencontres. Au gré de ses voyages en Tanzanie, au Cap Vert, etc., The Bongo Hop teinte ses rencontres musicales de cette AfroColombie qui coule dans ses veines.

Les pages de ses carnets de voyages sonores se mélangent, et dansent  ensemble dans un vent exalté, d'où jaillit Satingarona pt. 2. Dans ce deuxième album, sons et cultures s'inter-nourrissent de plus belle. L'accent est mis sur les problèmes peuplant les terres où The Bongo Hop est passé. La déforestation est évoquée par le haïtien Kephny Eliacin qui chante avec puissance Grenn Pwonmenné, une semba angolaise entendue au Cap Vert.

Continuons notre chemin sur le grand huit des métissages avec notre coup de cœur : San Gabriel. Bien que la colombienne Nidia Góngora soit encore et toujours présente sur le projet, les traditionnels alabao, bunde et chigualito, dont elle partage pourtant les racines, sont chantés par la camerounaise Cindy Pooch. Ce morceau est une reprise du groupe de Buenaventura, Buscaja. Son auteure Alba Elena Arramburo explique : « Dans cette chanson, je passe d’un alabao, à un bunde, puis à un chigualito, avant de revenir à l’alabao. L’Alabao est une prière à un saint, empreinte de gravité, le bunde est un chant de tous les jours, et le chigualito est une berceuse pour enfant défunt. Donc c’est un peu comme un passage permanent de la mort à la vie ». L'oppression des paramilitaires subie par les populations afro-colombiennes, et plus largement rurales et reculées du pays, y est traduite en son et en mouvement. Le trompettiste interprète ce morceau en fusionnant aux rythmes du Pacifique colombien de délicieuses sonorités jazz.

The Bongo Hop tisse sa toile de paysages, de rythmes et de mélodies, et secoue nos corps d'une énergie transatlantique qui prend aux tripes.






afro-carribbean / voyage / pacifique / colombie / haïti / trompette / tropical

Article réalisé par Service Civique Programmation

Publication : Jeudi 07 Mars 2019

Illustration : Satingarona pt. 2






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